3 mars 2019 christian Brenner

Nouvelle chronique concert de JP Alenda sur JazzHot.fr

Le quintet de Christian Brenner
Café Laurent, Paris, 22 décembre 2018
© Jean-Pierre Alenda

Photos@François Pignet et C Brenner

Paris en clubs
Décembre 2018 – Janvier 2019

En ce samedi 22 décembre, au Café Laurent, Christian Brenner (p) nous proposait un quintet de choix, en compagnie de Frédéric Borey (ts), Yoann Loustalot (tp), Pier Paolo Pozzi (dm) et Yoni Zelnik (b). Tout commence par «And What If I Don’t» de Herbie Hancock, et on sent déjà que la magie du jazz sera de la partie rien qu’à écouter la façon dont les musiciens servent la mélodie plus qu’ils ne se mettent en valeur. «Bag’s Groove», le standard de Milt Jackson, confère une couleur classique bienvenue à l’ensemble, tandis que «Blimey» de Ted Brown est réorchestré pour combler l’absence de la guitare de Jimmy Raney. «Blue Silver» est un hommage à Horace Silver, que Christian Brenner interprète avec toute la délicatesse requise. «Comin’ Back» d’Hank Mobley témoigne de la passion manifestée par Frédéric Borey dans son jeu comme dans sa musique, alors qu’«Elora» de Jay Jay Johnson met en évidence la grande cohésion du groupe, nourrie d’une complicité évidente entre les musiciens et aussi, bien sûr, d’un nombre d’heures de jeu qu’on imagine conséquent. «Funk in Deep Breeze» sonne plutôt comme un tribute à Chet Baker, sur lequel Yoann Loustalot excelle tout particulièrement, avant que le groupe ne se frotte à forte partie sur le «Half Nelson» du quintet de Miles Davis. Vient ensuite, sans doute, le grand moment de la soirée, «Idle Moments» de Grant Green, où le duo de souffleurs entonne la mélodie de concert dès l’entame de la composition, à l’instar du dernier tiers d’un titre lent d’anthologie, où Joe Henderson et Bobby Hutcherson délivraient une prestation aux qualités uniques. «My Blues House» de Benny Golson est un retour au blues le plus pur et représente l’acmé du travail rythmique de Pier Paolo Pozzy et Yoni Zelnik, qui retrouvent l’esprit de la pulsation engendrée, à l’origine, par Paul Chambers et Art Blakey dans leurs performances respectives. Enfin, «Totem Pole» de Lee Morgan clôt en beauté un set parfait pour annoncer les réjouissances de fin d’année en une période trouble où l’esprit jazz apparaît d’autant plus fondamental qu’il porte en lui un certain nombre d’idéaux esthétiques qui appellent une société plus humaine. Une soirée où les grandes figures du jazz ont souvent brillé de façon fort bienvenue, comme pour conjurer les mauvais sorts recelés par notre époque. JP Alenda

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